Akim Gagnon est un auteur québécois à la plume audacieuse et sensiblement ancrée dans la réalité humaine. Son écriture, nourrie par une enfance tumultueuse et une constante quête de sens, trouve ses racines dans les émotions profondes et les paysages naturels. Dans cet entretien, il partage son parcours, ses influences et sa vision de l’écriture, un processus qu’il aborde avec une approche introspective et en constante évolution.
Akim Gagnon a grandi dans un environnement où l’amour et les défis se côtoyaient de près. Quand il évoque sa jeunesse, il le fait avec une sincérité où se s’entremêlent humour et introspection : « Ma jeunesse ressemblait à une montagne russe bourrée d’amour, de vertiges, d’inconfort, d’expériences, de rires et de personnes marquantes. » Il ajoute que ce qu’il en retient le plus, c’est la patience et l’amour des adultes qui ont façonné son regard sur le monde. « J’ai compris ça une fois passé de l’autre bord, c’est-à-dire quand j’ai eu les deux pieds bien ancrés dans la trentaine. »
Pour lui, le passé n’est pas un fardeau dont on doit se défaire, mais un moment fondateur et la matière première de son parcours créatif. « La vie devient plus simple quand on arrive à séparer les deux tracks — la vie de jeunesse et vie d’adulte —. » De ce passage, émane l’idée de ne rien fuir, mais de plutôt se donner la liberté de bâtir sur son passé pour repenser sa trajectoire.
Akim Gagnon, au-delà de sa carrière, a trouvé un exutoire dans l'écriture. «Écrire, c’est avoir de l’espoir. Et croire en quelque chose. » Ce n’est qu’au cœur de la pandémie qu’il a découvert le plaisir de l’écriture, en réalisant que l’écriture lui permettait de donner un sens à ses journées et d’ouvrir une voie vers une nouvelle forme de connexion à lui-même.
Son approche de l’écriture a évolué alors qu’il cherchait surtout, au départ, à se faire remarquer, à provoquer. Cette quête de visibilité a éventuellement laissé place à une exploration plus subtile et plus nuancée. « J’ai accepté, un peu tardivement, que j’avais une grande capacité d’émerveillement. » Et c’est ce qui nourrit aujourd’hui son œuvre : le désir de capturer la beauté dans la moindre petite chose, dans la banalité des jours qui se suivent et se ressemblent. La quête de lumière, parfois douce-amère, naît de la contemplation et s’exprime à travers son humour incisif, qui porte son message, s'approfondit et l’allège.